Musique

Azari & III

L'électro vintage est de retour et beaucoup d'artistes ont dernièrement pris un malin plaisir à ressortir leurs vieux synthés 80's ! Bercée par cette musique, cette nouvelle génération de producteurs fait ressortir les aspects les plus dansants mais aussi les plus froids des premiers sons synthétiques, qui ont fait la gloire de groupes comme Depeche Mode, Yazoo ou encore Oppenheimer Analysis.

En ressort une musique bipolaire, qui conjugue décadence et froideur des dancefloors de Chicago, quand la musique électronique prenait forme et les discothèques devenaient un vrai mode de vie. Azari & III puise toute son inspiration de cette époque. La comparaison avec Hercule & Love Affairs paraît évidente mais semble beaucoup plus compliquée. Là où Andy Butler pouvait tomber dans les plus gros clichés et réduire sa musique à un simple copié-collé de la dance 80's, Azari & III arrive à intégrer une production et des sons résolument 2010's. Là aussi, l'album révèle deux visages : constamment tiraillé entre la boule à facette disco et le stroboscope des soirées techno, que représente respectivement les deux membres du groupe : Dinamo Azari et Alixander III.

Les deux premiers titres paraissent pourtant bien plats, "Into the Night" et "Reckless" s'appuient plus sur les voix de Cedric Gasaida et Fritz Helder, qui ne sont que l'incarnation des deux mondes que se partagent cet album. "Fritz Helder", donne tout le côté queer et extravagant au projet tandis que "Cedric Gasaida", résonne comme la face sombre d'Azari. L'aspect festif de ces deux chansons est efficace, mais manque d'originalité face à des titres comme "Indigo" (où musique et voix se confondent constamment) ou encore "Undecided" (titre complètement barré, où le refrain aurait pu être chanté par un Prince sous kétamine).

Puis il y a ces titres où le cerveau se perd, ces instants quasi pop où l'expérimentation électronique est poussée dans ses plus grands retranchements, plus proche d'une pop rêveuse et envoûtante (on peut penser au dernier album de Little Dragon) que de véritables tubes dancefloor (Change of Heart). La limite est parfois franchie entre le pur morceau et la démonstration de claviers : "Infinity" ressort comme un mauvais revival de Moroder et lasse plutôt qu'amuse.

Mais les deux dj's, formés aux remix efficaces de Munk, Monarchy ou encore Bot'Ox, ont su garder un fil rouge : l'ensemble de l'album reste terriblement sexy. Comment ne pas signaler la pochette, véritable dessin à connotation phallique annonçant déjà que vous allez passer un moment follement excitant, ainsi que la première version du clip "Hungry for The Power", jugé trop sexuel et censuré par YouTube !

On peut reprocher à cet album de n'être qu'une compilation de titres déjà produits du groupe (certains datent de 2008) mais quand les hymnes "Hungry for the Power" et "Manic" résonnent à la fin de l'album, ce petit défaut est remplacée par une terrible envie : juger de ces titres en live.

 

 

 

 

LIENS :

Azari & III
www.azariandiii.com


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