INTERVIEW : SAWLIN Interview

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Sawlin sera de passage au Glazart ce vendredi à l'occasion de la soirée Fée Croquer x Tripalium. L'occasion de lui poser quelques questions sur son actualité et le lancement de sa carrière.

- Nous avons récemment interviewé Moerbeck, est-ce que tu peux nous raconter votre première rencontre et comment vous êtes devenus amis ?

Nous nous sommes rencontrés dans un cirque. Je travaillais là- bas comme ingénieur son. Je me souviens qu’à l’époque Moerbeck produisait plutôt du Hip Hop, je jouais certains de mes morceaux sur le système son du cirque, il est venu me voir et on ne s’est pas arrêté de parler ! Nous avons vite compris qu’on partageait le même sens de l’humour, la même attitude et que nous voulions aller plus loin ensemble. Nous étions curieux et pressés de trouver notre place dans la musique. C’était très excitant à l’époque. Moins d’un an après nous jouions ensemble en live à Berlin, mais il n’y a plus aucune trace de cette époque.

 

- Il nous a aussi parlé de vos projets communs à venir. Comment est-ce que vous décidez  sur quel label va sortir un morceau que vous venez de terminer ?

C’est la même chose qu’avec les amis. Ils doivent partager les mêmes valeurs, la même attitude que soi. Evidement il faut aussi que les morceaux soient musicalement compatibles. Heureusement ça a toujours été le cas pour le moment. Je ne pense pas être très bon pour ce genre de décisions et j’espère que ca ne changera pas.

 

- Le fait que ton ami Subjected ait créé Vault Series a été la première étape décisive de ta carrière. Il semble en être de même pour de nombreux jeunes artistes qui n’ont pas la possibilité d’exposer leur musique et qui décident donc de lancer leur propre plateforme. Comment est-ce que tu vois la chose ?

Je n’ai pas de label, j’ai seulement un studio de mastering : Precision Perlin Mastering.  En tant qu’artiste, je peux témoigner qu’il est essentiel d’avoir un label sur lequel s’exprimer,  peu importe que ce soit personnel ou en collaboration avec des amis. Dans le business actuel, beaucoup de labels cherchent à faire de l’argent avec les sorties et à mettre en valeur les artistes. Je ne peux pas juger la légitimité de cette volonté, évidement un label doit se piloter économiquement, mais en tant qu’artiste, il faut garder en tête et éviter à tout prix de tomber dans ces travers comme j’ai pu le faire dans mes débuts. Ce qui compte c’est le résultat, pas la performance. Personne ne te considère sérieusement tant que tu n’as pas sorti de vinyle. Cette attitude « everything is about music » n’est qu’une illusion, tout repose en fait sur l’image. Tout cet engouement autour du vinyle fait d’ailleurs partie de cette grande illusion : tout ce qui sort sur vinyle n’est pas nécessairement meilleur qu’un mp3 même si tout le monde le pense. 

De nos jours il n’y a plus vraiment d’assurance qualité, avant le mp3 et l’aire d’internet il n’y avait que des magazines, la télé et la radio. Les formats payants pouvaient financer de vrais journalistes. Je pense que c’est la raison pour laquelle la plupart des artistes de l’époque sont toujours connus, même sans nouveaux disques.

Les plus gros noms de notre scène n’ont pas d’innovation musicale radicale. C’est bien la preuve que tout ne tourne pas seulement autour de la musique. Au-delà d’un certain niveau, peu importe ce que tu fais, le public s’attache à une image et une attitude. J’aimerais sincèrement que tout se recentre sur la musique. J’ai remarqué que beaucoup de gens pensent la même chose mais que très peu d’entre eux n’osent exposer cette théorie  de peur de se voir attaqués par la suite.

L’autre problème est de devoir sortir de la musique régulièrement. Sans cette régularité, le public oublie ton nom et ton travail et si tu veux mixer ou jouer en live, tu dépends directement de ça et tu dois tout reconstruire. Avec un label, tu peux sortir ce que tu veux quand tu veux.

 

- Est-ce que tu penses que ta carrière aurait été la même si tu avais commencé par sortir de la musique sur le label d’un autre ?

C’est une bonne question a laquelle je n’ai jamais pensé. Je pense qu’un des succès de Vault Series vient du travail incroyable de Subjected. Il comprend bien les mécanismes du secteur. Nous avions aussi tous un spectre musical assez large et nous n’avons pas eu peur de nous lancer. Pour être tout à fait honnête, je ne sais jamais comment gérer la chose. Même après coup, il est assez dur de dire où on en est. Je suis toujours surpris de voir des gens me dire qu’ils me connaissent et qui arrivent à décrire mon parcours.

 

- Tu joues seulement en live, ce qui peut être assez redondant pour un artiste. Comment fais tu pour que ce soit « nouveau » à chaque fois ? Est-ce que tu utilises le même setup en live qu’en studio ? Peux tu nous dire quels sont tes jouets favoris ?

Je découpe mes morceaux en parties élémentaires et à chaque fois que je joue j’ajoute de nouveaux morceaux ou éléments, souvent, en provenance de nouveaux morceaux. Je peux changer l’organisation, je joue avec la vitesse, je peux jouer quelque chose de plus ou moins linéaire et mélodique. En général, tous les 3 mois j’ai un set complètement nouveau. Des fois j’improvise et j’apporte des machines que j’utilise en studio.

Mes éléments importants sont mes iPads, c’est très innovant à utiliser, surtout en live. C’est très pratique pour contrôler les drones et pads avec borderlands granular. Sur l’autre iPad je gère les percussions avec Diode 108. Ca me permet aussi de travailler dans l’avion ou à l ‘aéroport si besoin. Il y a beaucoup de moyens de trouver de la variété dans un live.

 

- Quels sont tes projets à venir ?

En ce moment je prépare un EP pour Code Is Law, le label de Moerbeck, puis un autre pour Vault Series. Il y aura aussi un EP de remix de mon album ursprung. Voila ce qui est confirmé pour le moment. J’ai encore plein d’autres morceaux qui attendent. Quand ils seront sortis, je ferais une pause, je souhaite m’écarter du buzz médiatique et me concentrer sur ma passion et sur le mastering. Personne ne peut simuler ce travail, c’est quelque chose qui reste dans le temps, et je ne parle pas d’argent. J’adore ça.

Pour s’aider les uns les autres, j'offre ici un mastering gratuit. Laissez un extrait en commentant cet article. Nous choisirons ensuite le meilleur morceau et je le masterise. Tu as toujours beaucoup plus de chances de sortir de la musique si tes demos sont masterisées. Et de la sorte, je supporte la musique créative et innovante.

 

Sawlin joue ce vendredi au Glazart. Vous pouvez également écouter son podcast fait pour nos amis de Tripalium :

 

 

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