Art

Single Pattern

Elise Boularan est une jeune photographe dont l'univers narratif est une envoutante invitation au voyage de l'imaginaire. Le spectateur, tantôt en position de voyeur, tantôt en position de proche des personnages photographiés, est agréablement convié à la danse tant onirique qu'intimiste que nous proposent ses photographies.

Ainsi, au fil des clihés s'offrent à nous bribes de souvenirs, instants volés, actions suspendues et cette célèbre phrase de Lamartine :

"Ô temps ! Suspends ton vol, et vous, heures propices, suspendez votre cours !", semble s'enorgueillir tant elle s'y prête.


Interview

- Bonjour Elise, pour commencer pourrais tu nous parler un peu de ton parours ?

Mon parcours est certainement classique. Attirée depuis toujours par la photographie et l’image, j’ai commencé la section arts plastiques au lycée. J’ai poursuivi sur des études supérieures ; avec un Master de Recherches et Créations Artistiques à l’Université de Toulouse et en parallèle, j’ai complété mon parcours par un cursus à l’école de photographie de cette même ville. De là, tout en poursuivant mes recherches artistiques, j’ai décidé d’être indépendante.


- Tes photographies dégagent une extrême douceur dont le ressenti est paradoxalement inquiétant, pourrait -on, de fait, parler d'une photographie de l'évanescence ? quels ont été tes influences ?

Une photographie de l’évanescence ? Je ne sais pas, je n’ai jamais pensé à ce mot là. Quelque chose qui s’amoindrit, qui s’efface. Aucune idée. Mais la question du temps est là, j’y tiens. Les choses sont suspendues, mais sont là. Pour disparaître ? Ou il y a-t-il le pressentiment d’autre chose ?

J’ai toujours appréhendé la question : « quelles ont été tes influences ? » C’est complexe d’y répondre. Bien évidemment j’ai des photographes ‘favoris’ dont j’apprécie éperdument le travail. Mais ce n’est pas cela qui m’influence. Ce n’est pas eux qui me font me poser des questions. Mes influences… une bulle qui m’ai propre, que je préserve du monde extérieur… je ne sais pas. Je me nourris de lectures de théoriciens, de musiques, de films, d’errance, de rencontres, de mes expériences, de mes questions ou celles que l’on me pose.


- On voit également un grand intérêt pour la poésie des corps et la musique, considères tu qu'il y ait un lien direct entre ces deux écritures musicales ? quel est donc ton rapport à la musique ? Au corps ?

Ce sont deux écritures très importantes qui ramènent selon moi, à l’intime. Mon rapport à la musique est difficilement exprimable. Mais elle a toujours était là et elle est tout le temps là. J’en ai besoin. Je pense qu’il y a un rapport avec l’intime, une sphère privée, j’y crée, mon imaginaire peut s’exprimer sans risque.

Le lien entre les deux, pourrait-on dire, ce sont des refuges.

Selon moi, le corps demeure en quelque sorte, notre seul point de repère, notre refuge. Il y a trop de choses à en dire. Le rapport au corps est tout le temps interrogé. Par la mémoire, le corps est une idée abstraite et générale constamment remaniée. Mon rapport à celui-ci ? Je ne m’intéresse pas au corps glorifié dans sa beauté ou au corps triomphant comme l’on peut voir dans d’autres périodes artistiques. Mais plutôt au corps réel, porteur de défauts, de manques ou de limites. Le corps comme lieu de mémorisation.

L’un comme l’autre sont des langages intéressants et à explorer.


- Les séries photos que tu nous offres à voir sont éloquentes et vivantes, pourrais tu faire évoluer ton travail vers une œuvre chorégraphique ou filmique ?

Je suis très surprise par cette question car effectivement c’est ce qui se passe. C’est ce que j’aimerai ou que je pressens avec ce besoin de narration dans mon travail photographique ou ce rapport au corps. Des idées, des essais, ça se fait naturellement, mais je ne sais pas encore ou cela va. Ou si ça sera. Je pense que cela va prendre du temps.


- Sur ton site, on lit souvent le mot "recherches", penses tu que le photographe artistique ne puisse être que dans la recherche ? Pourquoi ?

Je ne pourrai pas prétendre qu’il ne doit être que dans la recherche, car beaucoup travaillent sur l’accident. Plusieurs cas de figure sont possibles. Mais je pense qu’il est important d’avoir un questionnement, des interrogations, qu’il y est quelque chose de sous-jacent pour éviter l’esthétique à tout prix.

Pour ma part, en parallèle de mon parcours, je me suis intéressée à d’autres champs disciplinaires comme la philosophie, la psychologie, la sociologie … pour moi c’était quelque chose d’évident. Chacun son approche, mais de mon côté, j’ai eu un besoin de décortiquer des ‘ corps’.


- Pour conclure, parles nous de ton actualité.

Je prépare une exposition pour septembre 2011 ; de nouveaux travaux qui seront présentés à l’Institut Culturel du Mexique à San Antonio. Mais avant, une exposition prendra place en mai, à Arles. Et d’autres sont en pourparlers.

Pour le reste, beaucoup d’envies et de projets en cours. Je suis sollicitée pour de nouveaux projets, c’est très excitant pour moi de travailler avec des gens de pays différents. Donc de nouveaux projets photographiques mais difficile de m’étendre là-dessus à l’heure actuelle.

 

 

 

 

 

LIENS :

Elise Boularan
www.eliseboularan.com


A lire également...


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *