Interview / Musique

INTERVIEW - MODESELEKTOR - MONKEYTOWN

Modeselektor, duo berlinois, revient avec un troisième album quatre ans après "Happy Birtday !" sorti sur BPitch Control. Non pas qu’ils se soient reposés sur leurs lauriers, ils ont pendant ce temps monté leur label, se sont illustrés sur des compilations, podcasts et sur des projets parallèles. Petite mise à jour.

L’album est donc sorti le 30 septembre dernier sur Monkeytown Records. Dès la première écoute, pas de doute, c’est bien le son Modeselektor. Liant, Hip-Hop, bass et électro les deux allemands n’ont pas pris une ride. Toutefois, un raffinement inconnu chez eux jusqu'à présent se fait ressentir. Sans aucun doute des traces de leur projet commun avec Apparat. Preuve en est, nous retrouvons une quantité impressionnante de featurings avec seulement trois titres solo.


- Votre nouvel album sort bientôt et nous avons eu la chance de l’écouter. Il semble moins dancefloor que le précédent, peut-être plus sérieux. Vous le sentez aussi comme ça ?
Peut-être que cette impression vient du fait qu’il y a moins de morceaux 4/4 sur l’album… Quand on fait attention, on peut toutefois entendre de bonnes balances et apprécier un son 100% Modeselektor. L’auditeur peut soit choisir de danser dessus soit de l’écouter. On pense en effet que les deux sont possibles pour tous les morceaux.

- Est-ce que votre collaboration avec Apparat a eu une influence sur la manière dont vous produisez votre musique maintenant ?
Oui, si tu veux parler de MODERAT alors ceci a complètement influencé la production de Monkeytown. Nous avons beaucoup appris pendant ce projet. Nous étions tous les trois très rapidement d’accord sur les breaks, le mix, le charleston et la structure du morceau, mais nous nous battions pendant des jours pour avoir la bonne caisse claire. Nous sommes tous des perfectionnistes et nous voulons trouver le son parfait pour faire le morceau parfait.

- En fait vous semblez habitués aux collaborations, vous avez déjà travaillé avec de grands noms. Vous aimez ça ? Est-ce un besoin pour vous ?
Nous avions au départ prévu un album purement instrumental, mais il s’est avéré assez rapidement que certains morceaux nécessitaient vraiment des voix. Par exemple, pour commencer nous avons simplement envoyé certaines tracks à Tom Yorke et à PVT pour voir ce qu’ils en pensaient et il est rapidement devenu clair que leurs voix et la collaboration avec eux enrichirait la chanson. Nous avons donc commencé à travailler avec eux. Pour les autres chansons, on savait depuis le début quelles voix on voulait et nous avons demandé directement aux bonnes personnes. Nous ne les avons pas choisis pour leur notoriété, mais ils sont tous des amis. Nous avons suivi leur travail et nous sommes amis depuis longtemps.

- La pochette de l’album change aussi des designs précédents. Est-ce que ce changement se sentira aussi dans votre live et dans votre VJ ?
Oui, nous ne voulions pas nous répéter. Nous pensions à la pochette depuis pas mal de temps pour être honnête – devons nous garder le singe etc. ? Finalement, grâce à la merveilleuse idée d’un des membres de Pfadfinderei, on a développé ce nouveau design. Le nouveau live en sera inspiré et sera uniquement construit avec de nouvelles images et de nouveaux sons.

- Est-ce que vous concevez votre VJ ou ceci est-il fait par vos amis de Pfadfinderei ?
Toutes nos illustrations et visuels ont été faits par Pfadfinderei y compris la gestion des écrans et des lumières plus les différents concepts. On travaille avec eux depuis le début, leur faisons confiance et sommes amoureux de leur travail. Nous nous connaissons depuis si longtemps maintenant qu’il y a une symbiose entre nous ; nous n’avons quasiment pas besoin de nous parler pour nous comprendre… Nous ne pensions d’ailleurs pas que nous repartirions en tournée avec plus de 10 flight cases et avec toute l’équipe, mais il en sera ainsi pour la tournée Monkeytown. Avant nous étions juste tous les deux avec un bagage à main… Les temps changent…

- Monkeytown Records a maintenant 2 ans. Qu'est-ce qui vous a décidés à vous lancer dans ce projet ? Est-ce que c'était quelque chose comme "on n'est jamais mieux servi que par soi-même" ?
À l’origine le label était prévu pour aider Siriusmo. Il était sur plein de labels à la fois et n’avait pas vraiment de point d’attache. On voulait lui donner la chance d’avoir quelque chose de stable où il pourrait faire ce qu’il voulait. C’est seulement après avoir tout mis en place que l’on a mesuré le potentiel pour nous aussi et on a finalement choisi de faire toutes nos sorties ici aussi. On a longtemps travaillé avec BPitch Control mais nous voulions avoir notre propre business et une totale indépendance artistique. On a donc doucement créé une sorte d’empire – deux labels (Monkeytown Records et 50WEAPONS), édition, booking, management, boutique en ligne…

- Est-ce que vous voyez ça comme une nouvelle façon de s'impliquer dans le milieu ?
Quand nous avons commencé notre propre affaire, nous ne connaissions pas grand chose dans le domaine… On pensait que ce serait simple : un morceau, la masterisation, une pochette, presser des disques et voilà… En fait c’est beaucoup plus que ça et heureusement qu’on avait des amis avec qui on travaillait déjà qui ont voulu continuer l’aventure avec nous. Maintenant que tout ça tourne bien, nous ne regrettons rien, nous avons deux supers labels avec d’excellents artistes et c’est une super équipe !

- À part vous et le talentueux Siriusmo qu'on adore, avez-vous signé d'autres artistes sur votre label ou essayez-vous plutôt de rester sur quelque chose de plus petit et de simple ?
On vient juste de signer eLan, un jeune producteur californien qui va sortir son premier album Next 2 Last le 23 Octobre. Il y a aussi Lazer Sword qui va sortir un album début 2012. Enfin d’autres surprises arrivent sur 50WEAPONS (en plus de Cosmin TRG, Anstam et Benjamin Damage & Doc Daneeka)

- J'imagine que vous passez beaucoup de temps ensemble aussi bien pour gérer votre label, pour vos tournées, pour la production, les remix... Quel est votre secret pour que ça se passe toujours aussi bien entre vous ?
Ça peut paraître ennuyeux, mais le fait qu’on ait tous les deux une famille et des enfants (comme tout le monde avec qui on travaille ici) rend le tout plus amusant et viable. Le plus important est de tout planifier correctement, dédier suffisamment de temps aux différentes activités : famille, tournées, production, business… Tout doit être équilibré. Heureusement, on a une super équipe qui nous aide pour tout le reste de manière à pouvoir se concentrer pour créer plus de bordel et d’art !

- Est-ce que vous vous éclatez toujours autant qu'au début, même après avoir passé plus de 10 ans dans le milieu ?
Question longue, réponse courte : Oui ! C'est toujours génial de revenir avec de nouvelles musiques et un nouveau spectacle.

- Notre dernière question récurrente : vos gourus ?
Nous sommes nos propres gourus ?


01 "Blue Clouds" Modeselektor
02 "Pretentious Friends" Modeselektor feat. Busdriver call by Pillow Talk
03 "Shipwreck" Modeselektor & Thom Yorke
04 "Evil Twin" Modeselektor vocals by Otto von Schirach
05 "German Clap" Modeselektor
06 "Berlin" Modeselektor feat. Miss Platnum
07 "Grillwalker" Modeselektor
08 "Green Light Go" Modeselektor & PVT drums by Gordon Boerger, additional synth by Siriusmo
09 "Humanized" Modeselektor feat. Anti Pop Consortium
10 "This" Modeselektor & Thom Yorke
11 "War Cry" Modeselektor guitar by Sascha Ring (Apparat)


 

LIENS :

Modeselektor
www.modeselektor.com


A lire également...


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *