INTERVIEW : TADEO Interview / Musique

​​Icône de la scène Techno espagnole et boss du label Another Intelligence, Tadeo s'est également fait remarquer plus récemment sur Non Series. De passage à Concrete cette semaine il nous a fait le plaisir de répondre à quelques questions.

 

- Te souviens-tu de la première fois que tu as mixé et produis de la musique  ?

Oui, bien sûr. La première fois que j’ai mixé a été un moment très special. C’était à une époque où je devais économiser pour acheter quelques disques par mois, je n’avais pas de mixer and seulement 2 vieilles platines. J’ai passé tout l’été à laver des voitures pour m’acheter mon premier mixer (rires). Ce sont de bons souvenirs. Je me rappelle également de ma première performance publique. Il y avait deux créneaux, un premier où tu devais jouer house et le second où tu devais jouer techno. Le premier s’est très bien passé, mais le second a été…. Un vrai échec !
La première fois que j’ai fait de la musique, j’ai utilisé un vieux Sinclair Spectrum + 2, en 1990. Tu devais tout programmer, tout était très laborieux mais également récompensant. Si je me souviens bien… j’ai fait une version d’un des Magnetic Fields de Jean-Michel Jarre. Et 10 ans plus tard arrivaient les synthétiseurs et les séquenceurs. Je devais continuer à acheter des vinyls parce que je ne pouvais pas m’offrir du hardware. Heureusement il y avait certains programmes qui faisaient plus ou moins le travail d’un séquenceur dans le vieux system Dos.
- Oscar Mulero, Psyk, Reeko, NX1, toi... On parle beaucoup des artistes techno espagnols dernièrement. La scène en Espagne est très compliquée, notamment à cause de l’économie. Penses-tu que les artistes esagnols ont du aller en dehors de leur pays pour se développer ?

Non, je ne pense pas qu’aucun artiste doive quitter son pays pour se développer en tant que tel. Il y a une certaine scène en Espagne et chaque choix doit dépendre de ce que tu préfères. En techno il y a une scène Internationale, nationale, régionale et locale. En fonction de tes intentions tu peux te concentrer sur l’une ou l’autre. Il est vrai que sur la scène Internationale l’Espagne n’est pas un pays offrant beaucoup d’opportunités pour les artistes en général et il est plus profitable de grandir à l’extérieur. Mais c’est quelque chose qui peut changer à tout moment ce n’est pas un standard pour tous les artistes. En réalité, il y a ici certains artistes qui ne tournent qu’en Espagne et qui vivent très bien.

- Est-ce important pour toi de te promouvoir comme un artiste espagnol ? As-tu la sensation de devoir défendre ton pays sur la scène Internationale ?

C’est difficile de se définir comme un artiste espagnol car en réalité si tu regardes, la musique est plutôt marquée par les villes. On connait très bien les villes de Detroit, Chicago, Berlin, Valence qui ont un son bien distinct et les artistes locaux en font partie. Par example, quand j’ai fondé avec d’autres artistes Net28, on en avait très bien conscience. 28 est le code postal de Madrid. C’est la ville où j’ai grandi et où je comprends la culture, les habitudes et la vie quotidienne. On pourrait donc me considérer comme un artiste de Madrid , et un artiste espagnol par extension mais ce n’est pas la peine de promouvoir ce qui est immuable.
Et je n’ai pas besoin de défendre ma nationalité non plus. Mon lieu de naissance n’est qu’une question de chance. Je dois défendre ma proposition artistique , ce n’est pas un jeu de foot, la musique c’est de la communication, d’un artiste à des auditeurs. Si tu es musicien tu dois avoir un discours, quelques idées et un développement à proposer. Etre de tel ou tel endroit n’a simplement aucune importance.

- Après plus de  10 ans en tant que  dj et producteur, as-tu toujours les mêmes gourous en termes de musique et d’influences. Es-tu influencé par des artistes plus jeunes que toi ?

Je n’ai jamais compris l’importance d’avoir des gourous parce que personne ne m’a jamais montré ce qu’était la musique. Ca a toujours été une nécessité depuis que je suis enfant. C’est vrai qu’il y a certains artistes que tu admires pour leurs propositions et tu es heureux quand ils aiment ta musique, mais pas plus. En fait je n’écoute jamais de la musique pour trouver des idées, j’en écoute juste pour découvrir de nouveaux moments ou être porté et me relaxer. Dans les faits, je n’écoute jamais de musique électronique à la maison, je préfère le jazz le hip hop ou l’avant-garde. Si tu veux trouver mes vraies influences il faut chercher du côté de la lecture, de la littérature de science fiction, de la physique théorique, ou du cinéma. J’aime lire ou regarder à la recherche de situation que je peux traduire mentalement en musique.  Mon opinion est qu’écouter trop de musique n’est pas bon car ça ne te laisse pas développer tes propres idées de manière personnelle. Et tout le monde a besoin d’exprimer ses propres idées sans influences extérieures.

 

 

- Tu as 2 labels. Quelle esthétique essaie-tu de developer sur chacun d’entre eux ?

Oui j’ai deux labels mais seulement un est actif, Another Intelligence. L’idée de ce label est de se faire rencontrer des anciennes civilisations avec d’autres éléments venant l’espace. Actuellement je suis en train d’explorer les civilisation mésopotamiennes, après je passerai à l’Egypte, etc . Ce sont des idées et des approches très personnelles. Donc je garde ce label pour moi et sa publication ne se fait seulement en vinyl ou digital mais aussi en cassettes et cds. L’intention est de ne pas rester seulement dans la musique, mais de développer aussi des idées dans d’autres domaines. Le travail est en cours.
Cyclical tracks est un autre label qui a commencé comme un simple catalogue de mes idées et d’autres artistes avec qui j’ai intéragi. Je suis arrivé à un point où ça perdait du sens et j’ai décidé de le mettre en pause jusqu’à ce que je trouve un nouveau point de vue. C’était plus que tout un test personnel pour voir comment fonctionnaient les choses et quand j’ai trouvé le chemi que je préférais prendre Another Intelligence est né.
- Quelles seront les prochaines sorties ?

2 Eps vont sortir l’année prochaine sur Another Intelligence et peut-être un nouvel album. Aussi, j’ai 2 albums prêts. Je dois juste évaluer et penser au bon moment pour les sortir.

- Tu joues à Concrete cette semaine. Qu’attends-tu de l’événement ?

Concrete est un super endroit pour jouer et d’autant plus quand tu es entouré de bons amis comme ce sera le cas. Je pense que ce sera une bonne journée pour tout le monde, avec beaucoup de bonne musique. A ne pas manquer.

 - Quels sont tes prochains projets ?

Je suis en train de monter un nouveau label appelé Capilso avec J. C. et pour la première sortie nous aurons Zadig avec nous. Je prépare également un nouvel album pour Non Series, tout en travaillant sur une autre sortie pour Belief System, une autre pour un label autrichien appelé Noiztank, quelque chose pour le nouveau l’abel d’Invite et je suis aussi en discussion avec un label techno Belge. J’ai aussi en tête de nouveaux morceaux pour les gars de Construct Re-form, donc une saison pleine de travail s’annonce. Concernant les dates… J’ai changé récemment d’agence et tout va beaucoup mieux. Stephan et Caroline de Non Series font un super boulot. Des dates en France, Allemagne, Italie, à Malte, en Espagne… sont déjà confirmées. J’ai aussi mes soirées Another Intelligence qui sont dans les rails. Donc je peux dire que je suis content de travailler sur ma musique et d’avoir ces opportunités. En parallèle de tout ça, je suis ingénieur du son dans mon studio Javhastudio. Je mixe et masterise de plus en plus d’artistes et de labels donc tout est sur la bonne voie.

 

 

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