RETOUR SUR BERLIN ATONAL 2015 Musique

L'édition 2015 de Berlin Atonal s'est tenue du 19 au 23 aout dernier. 5 jours d'expérimentations dédiées à la Techno pour un Festival sans équivalent sur terre. Retour.

Nous l'attendions avec impatience cette nouvelle édition d'Atonal. Alignement de noms sans équivoque, projets et collaborations exclusives, lieu mythique, amplitude horaire laissant place à des concerts comme des after parties, ... sur le papier rien ne pouvait sembler plus parfait et la majorité des festivals que nous apprécions jusqu'ici semblait tout d'un coup bien terne. Il faut dire que les festivals convoquant la techno se contentent bien trop souvent de faire appel à une succession d'headliners efficaces et les initiatives ne plaçant pas la danse ou la fête au centre du concept se font rares. 

Sur les 5 jours de festival, le programme était découpé en 3 grands moments : en début de soirée une projection, à partir de 20h et jusqu'à minuit les "concerts" et à partir de minuit différents after parties au Trésor, OHM et Globus ainsi qu'à l'étage inférieur du Kraftwerk building, la scène Null (nouveauté cette année). Comme le veut la ville, faire l'ensemble du festival est donc un véritable challenge physique.

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Nous arrivons mercredi pour le premier jour de cette longue pérégrination. L'immense bâtiment accueillant le festival est situé juste au-dessus du Trésor. Après avoir traversé le petit jardin regroupant les différents food trucks, on pénètre dans cet immense coffre de béton aux allures bien familières. Un grand escalier, nous rappelant forcément celui du Berghain, permet de passer du premier étage (dédié aux after parties et installations), au second (scène principale du festival). La sensation de pénétrer dans une cathédrale Techno n'a jamais été aussi forte. Ce qui nous surprend tout de suite est le calme, très inhabituel lors de ces grands rassemblements, qui règne aussi bien à l'entrée que dans l'enceinte du festival. Pas de bande d'ados alcoolisés, pas de cris hystériques, de précipitations, tout se déroule dans le plus grand respect, le flux relativement aéré et continu de personnes se dirigeant presque religieusement vers la scène principale. Le tempo de l'événement est assez unique, on le constate et le ressent immédiatement. Le public n'est pas si différent de celui qu'on peut croiser ailleurs à Berlin, mais les présents ne sont pas venus chercher leur dose de défoulement et c'est un sentiment très agréable que l'on ressentira tout au long du festival. L'événement fait aussi figure de sommet dans le milieu et on y croise de nombreux artistes, agents, promoteurs.

Les premiers live commencent en général vers 20h30 et la configuration restera la même pendant les 5 jours : un immense écran vertical surplombe la scène du premier étage pendant qu'une petite vingtaine de lyres beam éclairent de leur blanc faisceau droit l'immense salle enfumée. Une plus petite scène côtoie des installations visuelles et sonores à l'étage inférieur. La fréquentation est limitée mercredi, jeudi et dimanche. On peut se déplacer d'une salle à l'autre sans encombre et la plupart du public contemplera les lives assis à même le sol. Atonal n'est en rien un événement dansant et presque tous les artistes conviés ont présenté un travail conçu spécialement pour le festival. On apprécie voir des artistes, habitués au dancefloor, prendre des risques et jouer sur un autre terrain. L'exercice qui leur est demandé rend ses lettres de noblesse à la techno et lui fait du bien. Malgré la taille de l'événement, on retrouve la sensation de faire parti d'un club de privilégiés, de connaisseurs exigeants.

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Sur la longueur, on regrette pourtant le côté linéaire de l'exercice. De nombreux lives prennent en effet la forme de concerts de nappes ou de bruits blancs et nos yeux contemplatifs se feront de moins en moins curieux au fur et à mesure du festival. Même sentiment pour les projections. Au-delà de la dimension et du format inhabituel de l'écran, les visuels projetés ajoutent trop rarement une valeur à la musique. Souvent composés de vidéos en noir et blanc granuleuses, on a parfois l'impression d'être face à un générateur de visuels basique. Le manque de narration, aussi bien musicalement que visuellement, aura été la déception la plus fréquente. On regrette également que la scène soit inaccessible, haute perchée et ne donnant finalement à voir bien trop souvent qu'un alignement de logos Apple éclairés dans le noir. Les lives nous ayant le plus séduit sont ceux qui, tout en s'écartant du format club, convoquaient d'une manière ou d'une autre des éléments rythmiques, mélodiques, vocaux. Mention spéciale à Mike Parker (seul artiste à jouer avec le format de l'écran), Ugandan Methods (Régis et Ancient Methods), Sums (Kangding Ray et Barry Burns), et Alessandro Cortini (Sonno).

A l'étage inférieur, les hostilités commencent en général vers 00h30.On apprécie la taille plus humaine de cette scène, qui est également la seule permettant d'assister au processus et aux installations des artistes. Bien que nous pensions switcher sur un format plus dansant, nous avons souvent été surpris de constater qu'il ne s'agissait que d'un prolongement de la soirée initiée à l'étage. Difficile de tenir de 20h à 06h sur des lives expérimentaux mais parmi nos meilleurs souvenirs : Blood Music, Not Waving, Polar Inertia, Sergie Rezza, Varg. En contrepartie, certains lives étaient à la limite de l'inaudible.

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Autre objet de curiosité, la Modular Schaltzentrale, ancienne salle des commandes reconvertie pour l'occasion en laboratoire de démonstration. Chaque nuit, un artiste est invité à créer une boucle, une séquence ou un live complet sur une installation de synthés modulaires plutôt impressionnante. Le résultat est souvent surprenant, pas toujours captivant, mais on apprécie de pouvoir s'installer dans des chaises ou de pouvoir voir de près l'installation et les manipulations qui y sont opérées. 

Les after parties portaient souvent mal leur nom. Très peu de party en réalité, encore beaucoup d'expérimentations avec quand même quelques belles suprises comme le set de DJ Pete à OHM ou de Sigha au Trésor. 

Berlin Atonal nous aura finalement laissé un souvenir en demi-teinte. Nous quitterons souvent le festival totalement épuisés, avec la sensation d'avoir vu en 10h ce que nous aurions aimé voir sur plusieurs jours pour pouvoir l'apprécier. On ne peut qu'encourager les initiatives de ce type et saluer l'incroyable programmation, mais on en revient avec la sensation d'avoir aimé le concept plus que le résultat. Personne ne peut rester contemplatif 10h d'affilé et on aurait préféré que le complexe Atonal-Trésor-OHM-Globus propose d'avantages de variété, d'avantage de contrastes dans les tempos. Nous avons trop souvent erré dans ce gigantesque lieu et regretté qu'aucune scène ne s'embrase jamais vraiment. Ne parlons pas de déception car l'expérimentation et l'inattendu font parti de l'adn d'Atonal, qui continue de placer Berlin comme la capitale de la Techno sous toutes ces formes, aussi loin de la fête puisse-t-elle être parfois.

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Photos by Camille Blake

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commentaires

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