Interview / Musique

Scratch Massive - Nuit de rêve (interview)

Scratch Massive revient dans les bacs en Octobre prochain avec un troisième album, épopée dans les années 80, aux notes grasses et lugubres. Un nouvel album très attendu, que Maud et Sébastien nous présentent en répondant à nos questions.

Les Scratch Massive n'ont pas pour habitude de danser là où on les attend...
Avec plus de 10 ans de carrière, chacun de leur projet est une nouvelle occasion de découvrir un aspect de leur talent au travers d'explorations musicales toutes aussi surprenantes que variées. Avec ce nouvel opus, joliment intitulé "Nuit de Rêve", le duo nous plonge au beau milieu des années 80s, époque résolument new-wave, avec ses rythmes lents, ses synthés gras et profonds, surmontés de voix diffuses et spectrales... Rencontre.

crédit bannière : Zoé Cassavates

Interview :

"- L'exercice de l'album n'est plus nouveau pour vous maintenant. Dans quel état d'esprit étiez-vous pour ce nouvel opus ?
Seb : Pas facile de décrire notre état d'esprit sur l'album puisque les séances de studio se sont étalées sur une année... C'est le 3ème album, nous l'avons enregistré dans le studio musique d'Agnes B, c'était un peu devenu notre deuxième maison, un laboratoire nocturne, on a des supers souvenirs de cet enregistrement d'album avec aussi des bonnes engueulades, mais ça fait avancer au final... 
Maud : Oui, on y passait beaucoup de temps, le soir surtout... on n'avait rien préparé avant d'entrer en studio. L'atmosphère de l'album y est née, on y a défini les sons de synthés qui correspondaient à ce qu'on cherchait (au final, essentiellement du minimoog et du yamaha cs 80), les featurings aussi. C'est clair, on y a passé beaucoup de nuits... On se sentait un peu chez nous là-bas, un lieu de vie et de travail en même temps, parfait...

 

- Quelles ont été la démarche et la ligne directrice pour cet album ?
Maud : La seule démarche est dans doute d'aller chercher nos émotions les plus enfouies, lointaines, de ne pas rester en surface... On ne fait pas de la musique "sympa" ou "lègère", je crois tout simplement qu'on ne sait pas le faire et qu'on n'en a pas envie du tout. En gros, notre seule ligne directrice est d'arriver à retranscrire au mieux des émotions profondes en musique, d'essayer de toucher les gens.

 

- L'album sonne indéniablement très 80's, new-wave. Quand on regarde votre discographie on à presque envie de vous demander si vous vous sentez toujours artistes de "musique électronique" ?
Seb : En fait on se sent artistes de "musique électronique" juste parce qu'on utilise un ordinateur pour composer... Et puis "l'electro" est un terme tellement générique qu'on peut mettre un peu tout derrière ce mot...
Maud : Oui aussi bien David Guetta que IF ou même Koudlam, c'est vaste.... On a effectivement un studio de "musique electronique", et il est très simple : ordinateur + quelques synthés, avec des vrais et des "faux" synthés, les émulateurs de chez Arturia qu'on adore. Après, on mélange beaucoup d'influences et on ne se sent pas appartenir à une scène spécifique, la musique électronique en effet c'est tellement vaste...

 

- Le climat de l'album est très pesant, avec des rythmiques lentes et des basses envoutantes. Quelle est votre façon à vous d'exprimer la joie ou quelque chose de positif ?
Maud : Au risque de paraître un peu limités, on n'a jamais cherché à exprimer des choses très joyeuses ou des sentiments très positifs en musique. En fait, la majorité de la musique que j'écoute va plutôt vers du sombre que vers des choses "happy"... je suis pas vraiment une afficionado des musiques très légères et divertissantes... après ça depend du contexte, forcément... et par exemple si j'ecoute Francis Bebey, là je suis complètement concernée.

 

"On ne fait pas de la musique sympa ou légère, je crois tout simplement qu'on ne sait pas le faire et qu'on n'en a pas envie du tout..."

 

- Retourner sans cesse dans le passé est-ce votre manière de créer la musique du futur ?
Seb : Disons que je n'ai pas vraiment d'idées sur la musique du futur, je n'y ai pas trop réfléchi... Et concernant la musique du passé, elle est bien-sûr une source d'inspiration, ce sont des racines musicales, mais pas vraiment une obsession... Les 80's et 90's en particulier sont une grosse source d'inspiration.
Maud : La musique et les souvenirs sont souvent étroitement liés... Effectivement on a tous des influences bien ancrées, pas loin de l'inconscient... Ca doit etre pour ça qu'il y a plein de morceaux hyper nazes que j'adore, parce qu'on ne maîtrise pas tout... On n'intellectualise pas beaucoup la musique...

 

- Vous avez le don de savoir bien vous entourer. Pouvez-vous nous expliquer les choix de Koudlam, Jimmy Sommerville, Daniel August et Chloé comme featurings ?
Maud : On n'a pas vraiment réfléchi à l'ensemble des featurings au préalable, on a proposé à ces personnes là au fur et à mesure parce qu'on aime beaucoup leur travail. Ce sont d'ailleurs des musiciens qui n'ont pas grand chose à voir les uns avec les autres, le défi était vraiment de rendre l'ensemble cohérent. Lorsqu'on ressentait le besoin d'une voix sur un track, on definissait qui pourrait nous amener au mieux ce qu'on recherchait. A chacun, on leur a donc proposé des bases de morceaux sur lesquels ils ont chanté, puis on a construit les chansons à partir de ce qu'ils nous avaient proposé... il y a aussi un chanteur qu'on a rencontré au studio Agnes B, Andreas de Pluah (eluah) qui a posé quelques voix, et on est très contents de chacune de ces collaborations...

 

- Un mot sur l'artwork de l'album ?
Maud : C'est la couv d'un numéro de Plexus, un magazine érotique des années 60, une sorte d'ancien Playboy en plus littéraire, très libre, drôle, assez génial. C'est la couv d'un numéro de 1966, une peinture de Jean Pierre Alaux. J'adorais cette illustration, du coup j'ai cherché son numéro et je l'ai appelé... J'ai discuté avec ce charmant monsieur de 85 ans et il nous a donné l'autorisation d'utiliser gracieusement sa peinture pour la pochette d'album.

 

- Avez-vous une tournée live de prévue ? Si oui, pouvez-vous nous en dire un peu plus sur la configuration et la présence ou non de vidéo ?
Seb : nous préparons tout ça, il y aura des vidéos, c'est certain...

 

- Des remixes sont-ils à venir ?
Seb : Oui, nous sommes aussi en train de préparer les remixes sur le morceau avec Koudlam pour l'instant... "


 

Scratch Massive sera Chez Moune (Paris) le 30 Septembre 2011, à l'occasion des 1 an de Beyond The Line !

 

 

LIENS :

Scratch Massive
www.myspace.com/scratchmassivegroup
Facebook.com/scratchmassive

 



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *